Jeudi 3o août 2oo7 (sérieux doute sur l'emplacement de l'accent circonflexe)
J-7 avant mon anniversaire.
Cet article sera un résumé de ma vie, qui n'intéressera personne mais que je tiens à faire pour me prouver que je peux être honnête envers moi-même et assumer mes conneries. Vous n'êtes certainement pas invités à le lire, je ne vous incite pas à le faire, ce sera ennuyeux & moi-même je sais que je ne le relirai pas.
Ma mère m'a conseillé de faire le point sur mes agissements, autrement dit : en presque 16 ans, dis moi donc ce que tu as fais de bien pour ta famille ou pour toi ? (il est clair que ma mère m'en veut, la formulation ci-dessus ayant été censurée par respect de ceux qui pourraient lire ce texte).
La réponse est évidente : rien. Je ne me pose pas en victime, je ne fais pas la fausse modeste, et je n'ai pas une mauvaise estime de moi. Je suis réaliste, c'est tout.
Tout avait pourtant bien commencé ; j'ai toujours été ce qu'on apelle une enfant exemplaire. J'étais sage, méticuleuse, ordonnée, studieuse, polie, gentille, un vrai ange. J'avais des amis bien propres sur eux, le genre d'amis que l'on ramène chez soi sans craindre la réaction des parents (vous savez, ces grands cris perçants et ces gros yeux menaçants), de très bonnes notes à l'école qui frisaient la perfection (je me rapelle encore la claque que j'ai reçue pour avoir récolté un 15 en maths) et une famille parfaite. Le rêve.
Mon père part en prison, tout s'écroule, ma mère tente de me cacher la réalité mais peine perdue, je suis très perspicace pour mon âge. J'ai 6 ans, mon père est parti en prison et je le garde pour moi, je ne veux pas qu'on me plaigne. Je mens à ma soeur, je lui dis que papa est en voyage d'affaire, un voyage qui s'éternise, mais que veux-tu, Sophie, les affaires c'est comme ça, papa c'est un businessman, il reviendra bientôt, pour ton anniversaire, promis. Deux ans passent, papa revient, mais le mal est fait, son retour sonne comme le début de la fin.
Je rentre au collège, la 6ème c'est génial, sauf que papa part de la maison, mais il ne nous abandonne pas pour autant. Je suis toujours une élève parfaite, je n'ai aucun problème, une petite prédisposition à l'embonpoint, ok, mais je m'en balance, en 6ème on se fout de plaire ou pas.
Puis la 5ème. J'ai 12 ans, je rentre dans la pré-adolescence et ses problèmes, comme souvent accompagnée de cette conviction insolente d'être au-dessus de tout le monde et d'être le centre de l'univers. J'estime valoir mieux que tout le monde et je le montre, en devenant ... gothique ? Le terme n'est pas exact. Spooky serait plus approprié. Je ne jure que par le noir pendant plus d'un an, je frémis à l'idée de prendre le soleil (pas de chance, j'ai la peau naturellement mate), je teinte frénétiquement mes cheveux à la recherche de la teinte idéale (violine, rouge, acajou, rose, noir corbeau, noir bleuté, ah, ça y est) pour faire ressortir mon maquillage exclusivement bicolore (noir et blanc, cela va sans dire). Je suis un peu triste, tout de même, cela fait plus d'un an que papa a quitté le domicile familial, moi qui pensait que ce n'était qu'une passe ... Je commence à fumer, pardon, à crapoter avec mes amis un peu moins angéliques, on est trop rebelles putain. A côté, on me diagnostique une dépréssion sévère. Ah bon ? Pas de problème, on me met sous Prozac, à 12 ans, ça me semble normal. Je prends du poids, je perds pied en cours, mais ça m'est égal, je suis au dessus de tout ça. Et de toute façon, j'ai un remède pour remédier à la prise de poids intempestive : je me fais vomir. Pas régulièrement, juste de temps en temps, après un de ces dîners complètement hxc avec papa. Le Prozac ne m'aide pas, je deviens désagréable avec tout le monde et je trouve ça cool. Ma mère un peu moins. Pour m'onciter à changer, elle m'envoie un an en Angleterre, toute seule, dans un pensionnat. Là bas, je me familiarise avec l'alcool fort, la cigarette et le bédo. Je reviens donc en France bilingue, avec 6 kilos en plus & une forte accoutumance au whisky et à la cigarette. How cool.
J'arrive en 3ème avec tous mes anciens potes, plus un : le merveilleux Alex V. qu'on apelle tous entre nous LOYAL, ou LOYAL G, c'est selon. Ce mec a été mon mentor en tout ce qui concerne la dégradation physique. J'étais défoncée h24, je ne supportais plus d'aller en cours sans avoir bédave avant, de septembre à décembre je ne pensais plus à rien. Alex s'en va, j'arrête le bédo, contrainte et forcée (expression de bolosse) mais c'est trop tard, mes résultats s'en ressentent déjà, de 16 de moyenne je passe à 12, pas génial me dit-on. J'ai toujours des potes qui bédavent, ils m'aident à décompresser, c'est sympa.
Puis la 2nde. Pendant l'été 2oo6, je rencontre Pierre, Abdou & Ryan, je suis heureuse, malgré le fait que je sois plus grosse que je ne l'ai jamais été : 66.5 kg. Je décide d'entreprendre un petit régime, pour être à la mode de tous les kelleriens, et pour ça, je ne connais pas de meilleure solution que la boulimie/anorexie.
De deux fois par semaine je passe à deux fois par jour, jusqu'à atteindre mon rythme de croisière, cad vomir tout ce que j'ingurgite. Le 'régime' marche à merveille, en 4 mois je perds 1o kg. Il y a un bémol, pourtant : je suis tellement faible que je ne peux plus me concentrer en cours. Le peu de force que j'ai, je l'emploie à descendre les escaliers pour aller dans la cour, histoire de fumer une clope, tranquillement cachée derrière Justine, ma meilleure amie et mon soutien (gorge, haha). Je n'ai plus la force de réfléchir, les cours ne m'intéressent plus, et puis, j'aime tellement mes amis de Paris (comme je les ai toujours appelés) que je délaisse même mes amis de Serris. Mes notes dégringolent, mes relations avec ma mère sont de plus en plus électriques, je continue à perdre du poids, mais plus de la même façon : je ne me mets plus de doigts dans la gorge, la nourriture ressort automatiquement.
Heureusement, dans mon malheur, je trouve quelqu'un qui me maintient la tête hors de l'eau : Justine. Sans elle, je ne serais plus rien à l'heure qu'il est. Elle me fait prendre conscience que je ne pouvais raisonnablement pas passer tous mes we à Paris sans que nos relations en prennent un coup. Je comprends que je risque de la perdre, résultat exit Paris & retour aux sources pleinement apprécié dans ma ville. Je passerai le passage empli de mièvrerie dans lequel je raconte mon amour pour une certaine personne, amour qui semblait partagé au début & qui, maintenant, s'est mué en une froide ignorance. Bref, okay, ce n'est plus la 'lune de miel' mais toujours est-il qu'il demeure l'homme de ma vie & que je l'aime plus que tout.
To be continued .Je précise que ce n'est
en aucun cas une fiction ou quoi que ce soit, ce qui est raconté ici, c'est ma vie, ma vie à moi, la vraie de vraie.
Photo : Ahhhhhh j'avoue bien volontiers que j'ai maté le Da Vinci Code une bonne centaine de fois (sans mentir) juste pour lui & la fameuse scène où il se fouette à poil.